L'instant présent...
Un concept qui me semblait bien mystérieux il y a encore quelques mois.
Depuis l'annonce du diagnostic en 1993, j'ai décidé d'aller de l'avant, de me fixer des objectifs, d'avoir des projets et de tout mettre en œuvre pour les réaliser. Je ne me suis jamais arrêtée, j'avais le sentiment que si je m'autorisais à relâcher, la maladie reprendrait le dessus.
Avoir des projets, pour tout être humain, c'est porteur, ça pousse vers l'avant, ça motive, ça donne de l'énergie. Quand on a une "épée de Damoclès" au-dessus de la tête, les projets deviennent vitaux, c'est ce qui m'a réellement permis de ne pas m'écrouler.
J'ai foncé tête baissée pendant 20 ans: études, obtenir mon diplôme de professeur des écoles, puis construire ma vie de famille: mariage, enfants, maison etc...Tous ces projets m'ont donné l'adrénaline nécessaire, une force de vie qui m'a fait aller de l'avant.
Mais j'étais en permanence dans le contrôle, de peur que les choses ne m'échappent. Enfin, c'est seulement aujourd'hui que je suis capable de prendre le recul nécessaire pour analyser mon mode de fonctionnement pendant toutes ces années.
Mais, forcément, un jour ou l'autre, il faut faire face, lorsqu'on a vécu un choc, un traumatisme. Tout nous rattrape, c'est ce qui m'est arrivé en début d'année. Je n'arrivais plus à avancer, physiquement, moralement, je me sentais épuisée, vidée. Un "burn out"...
Une traversée du désert de quelques mois, mais également presque un chemin initiatique...
Ce sont ces mois difficiles, qui m'ont permis de débuter un travail de transformation intérieure.
Seule pendant de longues journées à la maison, face à ma souffrance, j'ai lu énormément, et j'ai cherché ce qui me permettrait de me relever de tout ça, plus forte.
"Les choses qui s'écroulent sont une sorte d'épreuve
mais aussi une sorte de guérison".
(Pema Chodron)
Face à un traumatisme, on passe par différentes étapes nécessaires: le déni, la colère, la tristesse etc... pour enfin accepter et se sentir du mieux possible, en paix avec soi-même.
J'avais zappé plusieurs de ces étapes.... J'avais enfoui au plus profond cette maladie, et parfois pendant plusieurs mois, je n'y pensais plus. C'est une très bonne chose, car il faut vivre comme tout le monde, et oublier la maladie fait du bien! Mais... pour se sentir en paix, il faut un jour, accepter, avec sérénité pour enfin ne plus avoir peur.
C'est un chemin personnel qui prend plus ou moins de temps...
Peu importe le nombre des années, il n'est jamais trop tard pour se libérer.
L'instant présent.... Vivre l'instant présent, c'est précieux, mais nous sommes tellement nombreux à ne pas réussir à le faire, ou pas suffisamment.
Les blessures ou regrets du passé, la peur de l'avenir, nous empêchent de savourer pleinement ce que nous vivons à l'instant présent. Notre mental, nos pensées qui fourmillent en permanence, nos angoisses, nos peurs nous projettent en permanence.
Vivre l'instant présent, cela s'apprend.
J'ai alors découvert le bouddhisme, la méditation. Cela m'aide énormément.
Je suis sur la voie, ma voie, celle d'une transformation intérieure, vers une vie plus sereine.
J'apprends un peu plus chaque jour, à accepter la vie, avec ses joies et ses peines.
J'apprends petit à petit à davantage lâcher prise et à vivre cet instant présent...
"Ne vous encombrez pas l'esprit de pensées inutiles.
A quoi bon ruminer le passé, anticiper l'avenir?
Restez dans la simplicité de l'instant présent."
( Dilgo Khyentsé Rinpotché)







